Dépenses de l'Elysée: un député PS dénonce des "manipulations budgétaires"
(Afp, 16/06/2009, 13h08)
"
Explosion" des dépenses, "
absence" de transparence,
poursuite des "errements anciens" et même "
manipulations budgétaires"... le député (app. PS) René Dosière a publié mardi un rapport au vitriol sur le budget 2008 de la présidence de la République.
Selon les chiffres officiels de Bercy, les dépenses de l'Elysée se sont élevées l'an dernier à
un peu plus de 113 millions d'euros,
soit 3 millions de plus que le budget voté par le Parlement.
Une augmentation de 18,5% par rapport à 2007, soit "un rythme 7 fois supérieur à l'évolution du budget de l'Etat", selon M. Dosière, qui épluche les budgets de la présidence depuis les années Chirac.
Dans un rapport intitulé "
Transparence du budget de l'Elysée: promesses non tenues", l'élu de l'Aisne souligne que "les restrictions budgétaires imposées aux administrations et que chaque fonctionnaire constate dans son travail quotidien ne s'appliquent donc pas aux services de la présidence".
Il déplore aussi que
les charges courantes, recouvrant des postes très variés (réceptions, alimentation, téléphone, courrier, carburants, électricité...) et en hausse de 51%, ne soient pas détaillées, contrairement aux "engagements solennels" pris devant le Parlement.
Notant une "
absence de transparence", M. Dosière accuse l'Elysée de mener une "
politique de communication" voire même de recourir à des "
manipulations budgétaires" pour "
dissimuler la réalité" des dépenses.
Et de citer l'exemple de
la garden-party du 14 juillet qui, contrairement aux commentaires de l'Elysée, a coûté plus cher que celle de 2007 (
475.000 euros, soit +13,4%), le nombre d'invités passant de 5.500 à 7.050.
Dans ce contexte, le député dit attendre avec impatience le rapport, fin juillet, de la Cour des comptes, qui contrôle la régularité du budget de l'Elysée pour la première fois.
L'invitant à s'inspirer du Québec, il espère que la Cour pourra, elle, déterminer si les dépenses privées de Nicolas Sarkozy "continuent, comme par le passé, à être prises en charge par le budget" de l'Elysée, malgré la revalorisation substantielle de la rémunération du chef de l'Etat votée en 2007.
S'agissant des déplacements officiels, René Dosière se demande si les voyages présidentiels ne pourraient pas être "plus économes". "Dès lors que le président se veut le premier écologiste de France, il serait utile de joindre à son budget une annexe faisant le bilan écologique de ses déplacements", ironise-t-il.
Selon lui, l'Elysée communique certes davantage sur son budget depuis l'arrivée du nouveau chef de l'Etat, mais "sur des aspects ponctuels et anecdotiques", en "
se gardant bien de faire la clarté sur les volumes financiers, sur les effectifs, sur la trésorerie, données autrement plus significatives".
M. Dosière regrette également que
les seules dépenses de l'Elysée en baisse concernent "les aides sociales accordées traditionnellement aux personnes en difficulté" (-22,1%). "En période de crise économique, c'est un très mauvais signe", juge-t-il.
Moi n'a qu'un mot à dire: 'culé